Des protections périodiques gratuites dans les lycées d’Île-de-France

Pour lutter contre la précarité menstruelle, la région Île-de-France lance une initiative visant à installer des distributeurs de protections périodiques gratuites dans les lycées de la région.

Pour le moment, seulement 30 établissements sont équipés, mais au printemps 2021, les 465 lycées publics franciliens devraient se voir dotés d’un distributeur de protections périodiques gratuites et bios, fourni par l’entreprise Marguerite & Cie (la désignation de l’entreprise gagnant le marché public restant à confirmer). Le coût de cette opération s’élève à 1 million d’euros.

« La précarité menstruelle, je ne l’avais pas vue »

Donia Mahouchi, infirmière scolaire au lycée Charles Baudelaire qui a l’habitude de distribuer des tampons et serviettes à ses élèves, s’avoue surprise par le succès du distributeur. Elle qui ne « dépannait » que 4 ou 5 élèves par jour s’est retrouvée perplexe constatant que près d’une centaine de protections étaient distribuées chaque semaine par la machine.

« Beaucoup d’élèves viennent pour des douleurs de règles ou parce que leurs vêtements sont tachés, mais aucune ne m’a jamais dit être dans la galère pour acheter des protections, peut-être par honte… La précarité menstruelle, je ne l’avais pas vue », témoigne-t-elle.

L’AFP rapporte également le témoignage d’une élève affirmant que certaines de ses camarades sont déjà déjà restées chez elles parce qu’elles n’avaient pas de protections. En 2018, une enquête française de la marque Always affirmait que chaque année, environ 130 000 élèves sèchent régulièrement les cours, car ils ou elles n’ont pas les moyens de s’acheter de quoi se protéger pendant leurs règles.

Distributeur de protections périodiques
Photo : Actu Seine-Saint-Denis

La réponse du gouvernement face à la précarité menstruelle

Alors que l’Écosse a voté, le 24 décembre 2020, pour la gratuité des protections périodiques, la problématique est de plus en plus abordée en France.

Lors de son entretien avec Brut le 4 décembre 2020, Emmanuel Macron laissait entendre qu’une « réponse très concrète » allait être apportée au problème de la précarité menstruelle au cours du premier semestre de la nouvelle année.

« J’ai demandé qu’on avance, je veux qu’avec les associations compétentes et pour toutes les femmes qui sont dans cette situation on puisse avoir une réponse », a réagi le président face à la question de la gratuité des protections périodiques dans le pays. « Parce que, quand on voit des femmes qui sont dans la très grande précarité, qui sont à la rue, elles vivent tout ce que vit un homme, d’épuisement physique, de réduction de votre durée de vie, de maladies qu’on contracte, d’humiliation, et elles vivent en plus deux choses […] : en effet la précarité menstruelle, le fait d’avoir des règles dans la rue et de ne pas pouvoir acheter de quoi se protéger et de quoi être digne dans la journée, et puis le viol ».

Le coût des règles

En France, on compte 15,5 millions de personnes menstruées qui doivent accorder une part de leur budget à l’achat de protections périodiques.

L’association française Règles élémentaires qui lutte contre la précarité menstruelle estime que le budget dédié aux menstruations s’étend de 8000 à 23 000 euros sur la durée d’une vie. Ce calcul inclut le coût variable des protections dépendamment des marques et des caractéristiques du produit, les coûts en lien avec le renouvellement de linge de lit et de sous-vêtements ainsi que l’achat éventuel d’antidouleurs. Les visites gynécologiques sont également prises en compte.

Une étude Ifop de 2017 intitulée « Hygiène et précarité en France » et réalisée par l’Association Dons Solidaires estime qu’en France, 1,7 million de personnes sont concernées par la précarité menstruelle.

Marius

Moi c'est Marius, journaliste en herbe qui étudie le métier à l'Université du Québec à Montréal. Originaire de Touraine, j'ai aujourd'hui la chance d'étudier à l'étranger et de manger des poutines.

J'suis ton pote qui graille le dernier gâteau apéro sans scrupule, qui fait DJ en soirée et qui reproduit des TikToks un peu cringe. J'écoute jamais de podcasts mais j'aimerais vraiment en tenir un.
Pro-black, pro-queer, pro-hoe, procrastinateur et tous les autres.

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