Élections régionales / départementales 2021, et le féminisme dans tout ça ?

Dans l’après-midi, le collectif Pourvoir Féministe a publié sur Twitter un thread pour le premier tour des élections régionales et départementales de dimanche. Cette publication reprend, en fonction de leurs compétences, ce à quoi ressembleraient une région et un département féministes. On vous fait le déroulé.

Dimanche 20 juin, c’est le grand jour du premier tour des élections départementales et régionales. Pourtant, selon l’institut de sondage Ifop, 60% des Français.e.s comptent s’abstenir d’aller aux urnes. Un chiffre encore plus élevé en ce qui concerne les 18-25 ans : 80%. C’est environ 4 jeunes sur 5 qui ne se déplaceront pas pour voter. 

Fréquemment boudées, les élections régionales et départementales ont pourtant un rôle décisif dans le quotidien des Français.e.s. Pour la journaliste Léa Sanchez des Décodeurs du Monde, interviewée à l’occasion du podcast “L’heure du Monde”, l’une des principales raisons est la méconnaissance des enjeux de proximité. “Le président, on voit tout de suite ce qu’il fait. Les députés, on voit assez clairement quelles sont leurs missions. Par contre, les conseillers régionaux et départementaux, leurs missions sont plus difficilement lisibles.

Régions et départements, ça sert à quoi ?

La région a trois compétences majeures. La formation professionnelle, les transports collectifs (TER, organisation de la gare, parking etc.) et l’enseignement (construction et entretien des lycées etc.). Pour te donner un exemple concret, en 2020, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a mis à disposition 1.500 ordinateurs pour les étudiants boursiers et les lycéens afin qu’ils puissent suivre leurs cours en ligne. 

Côté département, l’une de ses compétences principales est l’action sociale. Elle concerne le RSA (Revenus de Solidarité Active), l’aide sociale à l’enfance, l’aide aux personnes âgées et handicapées. Mais il est également en charge de la construction, de l’entretien et du développement des collèges. Si tu es amatrice de vélo, saches également que tous ces nids-de-poules qui t’embêtent tant lorsque tu vas au boulot, c’est, encore une fois, le département qui s’en occupe. 

Bon à savoir, lorsque tu élis les conseillers départementaux et régionaux, c’est pour un mandat de 6 ans. Pour les départementales, ce sont deux candidats de genres différents qui se présentent. A l’inverse, pour les régionales, tu votes pour une liste.

A quoi ressemble un programme féministe ?

Pour composer ce « programme féministe », nous nous sommes inspirées du post du collectif « Pourvoir féministe ».

La région

SANTÉ
Dans ces champs de compétences, la région doit définir “les objectifs particuliers de santé”, mais surtout contribuer aux formations paramédicales. Est-il prévu la prise en compte des violences gynécologiques, obstétricales, racistes, validistes, grossophobes et transphobes ? Et la mise en place de formations pour prévenir les discriminations ? 

EMPLOI 
Pour ce qui est de la formation professionnelle, de la responsabilité des personnes à la recherche d’un emploi ou en pleine orientation et de l’accompagnement à la création d’entreprises, la région peut également mettre en place des modules sur l’égalité et les violences sexistes, racistes, validistes, LGBTphobes, grossophobes en milieu professionnel. 

Les femmes sont les grandes oubliées de l’insertion professionnelle alors qu’elles sont les premières précarisées. Qu’en est-il de celles présentes en zones rurales ? Ou encore des mères célibataires ? 

Existe-t-il un véritable accompagnement des personnes handicapées ? 

LYCÉE
Les entreprises d’entretien des lycées sont-elles volontaristes en matière d’égalité ? Ou sous-payent-elles leurs employé.e.s déjà précarisé.e.s ? En termes de recrutement et de gestion des équipes techniques, y a-t-il des formations à l’égalité ? 

L’orientation scolaire fait également partie des compétences de la région. Tu te souviens de tes rendez-vous avec ton conseiller d’orientation qui t’a bien spécifié que menuisier était un métier d’homme ? La réformisation et sensibilisation de ces équipes sur les notions de métiers “masculins” et “féminins” est aussi un point sur lequel la région peut travailler.

TRANSPORT
Les transports sont-ils accessibles aux PMR, personnes avec poussettes, personnes grosses ? Les agent.e.s ont-iels une formation sur la prise en charge des victimes de violences dans les TER ?

Le département

PROTECTION À L’ENFANCE
Très souvent, l’ASE est déléguée à des entreprises privées, un risque pour les enfants pris en charge. Mais qu’en est-il de l’arrêt du placement des enfants dans des hôtels ? Le proxénétisme y est monnaie courante et certain.e.s placé.e.s sont laissé.e.s à l’abandon. 

A revoir également, l’accompagnement des plus de 18 ans et des enfants handis qui représentent plus de 30% des enfants placés. 

LOGEMENT
Le département devrait pouvoir garantir rapidement des logements décents, sécurisés et accessibles aux victimes de violences intrafamiliales et à leurs enfants, ainsi qu’aux jeunes LGBTQIA+ en situation d’isolement ou confronté.e.s à des situations de violence. 

ALLOCATIONS FAMILIALES
La CAF, qui dépend du département, ne cesse de faire des contrôles abusifs ciblant trop souvent les femmes isolées, précaires, mères célibataires, personnes handies. 

Malgré une réforme des pensions alimentaires, la CAF manque encore de personnels dédiés à la récupération des pensions non payées. Faisant ainsi traîner les procédures et laisser trop longtemps les bénéficiaires en situations complexes. 

SÉCURITÉ
Le département devrait plus mettre l’accent sur la prévention des comportements LGBTphobes et virilistes dans le sport notamment. 

Cette liste (non exhaustive bien sûr) n’est pas là pour te faire culpabiliser de voter pour tel ou tel parti dimanche. Elle est là pour révéler qu’en matière de luttes intersectionnelles, chaque tremplin est important. Et qu’à n’importe quelle échelle, il est possible de mettre en place des mesures garantissant le bien-être de touste.

Jade Bourgery

Après une licence de Lettres Modernes, je suis partie un an au Vietnam en Service Civique, je bossais pour une asso humanitaire d’insertion féminine et ai fait un road-trip en moto d’un mois jusqu’au Cambodge. En rentrant j’ai créé mon média avec deux amis puis j’ai embarqué dans l’aventure Potiches.

Le journalisme est ma passion depuis toute petite ; j’aime les cactus, "Holding out for a hero" de Bonnie Tyler et la couleur verte.

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