L’urgence de l’union

Pour que le Nouveau Front Populaire ne tombe pas dans l’oubli une fois les portes de l’Assemblée nationale passées, nous proposons d’interpeller nos député·es de gauche à rester uni·es et les député·es macronistes et centristes à faire honneur au vote du peuple en se ralliant à gauche. Un seul mot d’ordre, l’union : car rien n’est encore fait.

De l’air. De l’air, des larmes de joie et des cris. Sur les pavés de la Place de la République à Paris ce dimanche 7 juillet, l’heure était aux embrassades et à la célébration. La gauche avait gagné, enfin, nous pouvions respirer. Ce lundi matin, le réveil est plus compliqué.

Gabriel Attal, Premier ministre en suspens, devait présenter sa démission auprès d’Emmanuel Macron qui a choisi de la refuser pour l’instant. Jeux Olympiques et tensions sécuritaires, tous les prétextes sont bons pour ne pas perdre la face.

De son côté, le Nouveau Front Populaire (NFP), vainqueur de ce second tour des législatives en nombre de sièges mais pas de voix, faute aux désistements républicains, s’active pour proposer un remplaçant au jeune Attal.

Pendant deux semaines, les partis qui composent le groupe nous ont offert leurs lots de trahisons et de mesquineries égotiques. Le cas Ruffin, Glucksmann (oui, juste lui), les “purgés” Corbière et compagnie, Fabien Roussel et ses appels dans le train… Un florilège de coups bas qui, même s’ils peuvent sembler anecdotiques au vu des résultats des législatives, contourent un groupe éclaté. LFI en veut à Ruffin et prend la grosse tête ; le PS veut sa part du gâteau et évoque déjà une coalition avec la droite macronienne ; EELV, aux portes de la mort après les européennes, prépare son prochain coup. Le tout alors que les candidat·es des classes populaires, racisé·es et/ou militant·es ont failli. Rachel Keke, Philippe Poutou, Amal Bentounsi, Lyes Louffok, Sabrina Ali Benali… Le désinvestissement de la classe politique dans la société civile est un échec cuisant, alors même que nous avons désespérément besoin de représentativité pour faire entendre nos voix.

Rien n’est gagné. Le Rassemblement national, parti raciste et xénophobe, est le premier parti de France. Peu importe les éléments de langage utilisés. C’est un fait. Après les félicitations et les embrassades, il est plus que jamais essentiel de s’activer. La lutte doit continuer et même se renforcer. Le NFP doit s’unir et faire front face à une Assemblée nationale qui accueille pour la première fois de son histoire autant de députés aux couleurs du RN.

Le ou la prochaine Première ministre que proposera le NFP se doit d’être une personnalité crédible et réaliste, résolument de gauche et représentative. Les temps n’ont jamais été aussi troubles et la gauche a 3 ans pour convaincre 10 millions de votants Rassemblement national, et 1 an pour éviter une nouvelle dissolution d’Emmanuel Macron. L’horloge tourne déjà.

Assemblée constituante ? Passage à la VIème République ? Le peuple à soif de reprendre le pouvoir qui lui est tombé des mains ces 10 dernières années par manque de culture politique, désintéressement et dégoût profond. Nous reprenons donc les rênes et appelons chaque député de gauche à rester soudé et à véritablement s’unir derrière le programme pour lequel nous avons voté. Un programme de justice sociale, de justice écologique, de lutte antiraciste et de défense des opprimé·es.

Car notre sursaut, est avant tout un sursis.

Jade Bourgery
Jade Bourgery
Co-fondatrice de Potiches, j'ai fait l'école de journalisme de l'ESJ, travaillé pendant un an à Mediapart et je pige pour plein de médias très cool. Mes dadas : les inégalités femmes/hommes, l'écologie et le monde du streaming. En secret, je suis passionnée de polar, j'écoute en boucle "Holding out for a hero" de Bonnie Tyler et je suis tatouée de partout.

Les derniers articles

Inscris-toi à la newsletter !

Sur le même sujet...