Bordeaux : l’association Medusyne ouvre les coulisses d’un événement culturel aux jeunes

À Cenon, au château Palmer surplombant Bordeaux, le festival POWAA a accueilli samedi dernier une petite soixantaine de personnes. Impulsé par l’association Medusyne en collaboration avec les adolescentes de la Colline 33, centre social de Cenon, POWAA met en avant différentes disciplines du hip-hop. Musique, danse, graffiti et henné rythment la journée.

L'association Medusyne accueille le public au festival POWAAA
Le public est accueilli au château de Palmer, centre culturel de Cenon. © M. P.

Le soleil se couche sur Bordeaux, et offre ses dernières lumières rosées au château de Palmer. Les basses résonnent, un DJ set est en cours à l’intérieur. POWAA donne un effet de village, rythmé par la musique hip-hop et les cris d’enfants. L’une des bénévoles, originaire du quartier Palmer, affiche tout de même une certaine déception : « C’est dommage qu’il n’y ait pas eu grand monde. On l’aurait fait en été il y aurait eu plus de gens. »

Pourtant, chaque espace du petit festival trouve son public : à l’entrée, Isra fait des dessins au henné sur les mains des petites filles ; devant la scène, un groupe de jeunes danse timidement. L’une des jeunes filles du groupe a même fini par monter sur scène pour rapper. Survêtement blanc, téléphone et micro à la main, applaudie par toustes.

Réalisation d'un henné pendant un atelier
Isra, l’une des jeunes de la Colline 33 tient un atelier de henné. © M. P

Une double équipe

Dans l’effervescence de l’installation, les organisatrices et les lycéennes bénévoles échangent avec énergie. Cet événement, elles travaillent dessus depuis onze mois. « L’objectif du projet POWAA, c’est de proposer une formation à la création d’événements », déclare Morgane, fondatrice de Medusyne. D’après elle, ce projet reflète parfaitement les valeurs de son association. « Ce qui est au cœur de notre organisation c’est promouvoir l’art et la culture pour tous, sur un pied d’égalité », ajoute Jade, chargée de communication du collectif.

Neilhuj, l’un des rappeurs invités, est satisfait des actions de Medusyne  : « C’est une asso que je suis depuis 2 ans. Elle a une bonne démarche, un peu sous-marine, qui n’est pas pesante dans les événements. Par exemple, il n’y a pas de non mixité, et je trouve ça assez important dans l’art. »
Malgré le report de POWAA à cause de la météo en juin dernier, elles sont heureuses et fières de ce qu’elles ont réussi à organiser ce samedi. « C’est la famille ! », lance l’une des jeunes de la Colline 33. Les lycéennes originaires de Cenon rient et discutent avec chaque personne qu’elles croisent. Certaines de leurs mères se sont même engagées dans le projet et vendent de la nourriture. Au départ, POWAA comptait six bénévoles, aujourd’hui il y en a 12. « Autant de filles que de garçons », se réjouit Camille, médiatrice culturelle de la Colline 33.

Un double objectif

Une fois le festival installé, d’un côté, Amelle de Medusyne et les jeunes de Palmer accueillent le public. De l’autre, un DJ set fait face à la lointaine rive gauche de la Garonne. Deux femmes du public décrivent leur expérience : « Nous on est principalement venues pour l’atelier boxe, mais on reste un peu pour voir les autres choses proposées, c’est super. » 

Graffiti réalisé par Nevus pendant le festival POWAA
Nevus réalise un graffiti pendant le festival POWAA, qui sera utilisé comme décoration. © M. P.

En plus de la boxe, une initiation au graffiti est proposée par Nevus, une graffeuse bordelaise. « C’est génial de travailler avec des jeunes, affirme l’artiste. Ça permet de faire connaître des filières professionnelles et artistiques qui ne sont pas forcément très promues dans l’enseignement secondaire. »

Ce résultat figurait parmi les objectifs de Camille de la Colline 33 lorsqu’elle a accepté la proposition de projet énoncée par Medusyne. « C’est cool de leur permettre de comprendre l’envers du décor d’un événement culturel, ajoute-t-elle. En plus, ce qui est intéressant c’est que ça se déroule dans leur quartier, donc ils connaissent les lieux. »

Maud Pajtak

En plein cheminement universitaire en Information et Communication pour devenir journaliste, j'ai découvert le projet Potiches et m'y suis engagée.

Depuis plusieurs années, je m'implique dans une association d'artistes qui a pour but diffuser les valeurs de la culture hip-hop.
Je me suis intéressée au féminisme depuis un coup de cœur pour les Playmobil vikings de mon grand frère. J'aime manger italien et danser sur tout style de musique.

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