Peggy Gou : une artiste qui poursuit ses raves

DJ et productrice Coréenne basée à Berlin, Peggy Gou, est un grand nom dans le monde de la musique électronique. Sa musique, qu’elle qualifie, de K-house est imprévisible, irrésistible et fait danser les raveuses et raveurs du monde entier.

Possédant son propre label, sa marque de vêtements et près de 2 millions d’abonnées sur Instagram, l’artiste surfe sur son succès grandissant et mixe tout autour de la planète.

Peggy Gou, illustration
Illustration : Camille Courrié

Une ado passionnée

Passionnée à l’origine de K-pop, la jeune fille qui a grandi en Corée du Sud, déménage à 14 ans en Angleterre. Adolescente, Peggy Gou, de son vrai nom Kim Min-ji, préfère aller danser que rester assise sur les bancs d’école. Elle entre au London College of Fashion à 18 ans où elle entame des études de mode. Le week-end, Gou va danser dans des boîtes londoniennes comme le Plastic People ou le Corsica Studios.

Rapidement, elle développe une passion pour le djing. « J’ai commencé le djing en Corée en 2009, lorsque mon premier copain, qui était DJ, m’a montré comment mixer deux CD. Et puis, j’ai poursuivi quand je suis retournée à Londres en 2011 » explique-t-elle. En 2013, elle commence à se produire régulièrement dans des clubs de l’est de Londres. Finalement, elle n’obtient pas son diplôme à la fin de ses études. Ses parents l’obligent à rester à Londres pour rattraper les cours qui lui manquent et elle déménage à Berlin juste après.

Ses débuts à Berlin

C’est donc en 2016 que la DJ s’installe dans la capitale allemande. Résidente de cette ville qui accueille les plus grands DJs du monde entier, la jeune femme s’y épanouie. « C’était ma vie à Berlin : travailler chez le disquaire, travailler sur ma musique chez moi, Berghain (célèbre club berlinois) tous les dimanches », témoigne-t-elle pour The Guardian. Cette année marque également la concrétisation de nombreux projets. Peggy Gou aura sorti quatre EP en un an.

Malgré le fait qu’elle soit enfin dans son élément, Gou ne se sent pas tout de suite intégrée. « J’étais toujours l’Outsider », se rappelle-t-elle. Elle rapporte comme exemple, le patron du magasin de vinyles pour lequel elle travaillait : « Quand je parlais du Berghain, il était genre : ‘Pourquoi, toi, tu parles du Berghain ?’  ».

La musicienne est une originale. Elle n’hésite pas à mélanger les genres et les influences au sein de sa musique. Grande amatrice du style house de Detroit, elle tire également son inspiration de rythmiques africaines, funk et produit des sons au groove unique. Peggy Gou qualifie parfois sa musique de K-house, un terme qu’elle utilise pour mettre en lumière l’influence des ses origines sur sa musique. « Je pense que beaucoup de coréen.ne.s et d’artistes K-pop cherche à être européens, affirme la DJ. Mais il y a tant de belles choses en Corée. Et aussi, il y a quelque chose qui me touche énormément : deux de mes plus gros ‘hits’ ne sont pas en anglais. Quand je vois la foule réagir, ils ne savent même pas comment chanter les paroles, et pourtant, ils adorent. »

Une artiste engagée

En 2018, Peggy Gou produit « Shero » un son qui sort sur le label Needs – Not For Profit pour la campagne d’égalité des sexes #HeForShe de l’ONU Femmes.

En plus d’être une DJ hors pair et une icône mode, Peggy Gou fonde en 2019 son propre label qui porte le nom Gudu Records. Ce label lui permet, entre autres, de faire ses propres choix artistiques, sans être gênée ou influencée. « Avec d’autres labels, je n’avais pas autant de liberté : ils décidaient de tout, raconte-t-elle. Je me suis donc dit : je veux produire ma propre musique. Je veux avoir une liberté totale quant au genre, et je veux pouvoir contrôler les dates de sortie, les visuels, tout ».

Gudu Records lui donne aussi la possibilité de produire d’autres artistes. Elle se consacre d’ailleurs à mettre en avant des femmes et des artistes asiatiques. « C’est très important, dit-elle. Je ne dirai pas que mon objectif est de ne produire que des femmes, parce que la musique c’est de la musique, le genre n’importe pas. Malheureusement, en termes de ratio, nous sommes moins nombreuses que nos collègues DJs masculins. ».

Marius

Moi c'est Marius, journaliste en herbe qui étudie le métier à l'Université du Québec à Montréal. Originaire de Touraine, j'ai aujourd'hui la chance d'étudier à l'étranger et de manger des poutines.

J'suis ton pote qui graille le dernier gâteau apéro sans scrupule, qui fait DJ en soirée et qui reproduit des TikToks un peu cringe. J'écoute jamais de podcasts mais j'aimerais vraiment en tenir un.
Pro-black, pro-queer, pro-hoe, procrastinateur et tous les autres.

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